
Aujourd’hui notre objectif sera d’acheter nos billets pour Pékin ! Nous entrons dans la dernière partie de notre voyage ! ![]()
Il ne faut pas aller à la gare trop tard. Contrairement à la majorité des touristes voyageant à bord du Transsibérien, nous n’avons réservé aucun billet en avance afin de conserver un maximum de souplesse
. Mais dans un pays aux infrastructures aussi limitées que la Mongolie, le train est un moyen de transport très couru ! De plus, Mejet et Bilegt nous expliquent que l’on ne peut connaitre le nombre de places disponibles qu’une fois le train parti de la dernière gare Russe, 24h seulement avant l’arrêt à Oulan-Bator. Bref, nous ne serons seuls pas sur le coup et il veut mieux ne pas trainer si on veut avoir des places
.
Rater le train de demain n’est pas une option : le suivant ne passe que quatre jours plus tard et cela compromettrait complètement le reste de notre voyage. De plus, comme ici on ne peut rien réserver en avance, rien ne garantirait qu’on obtienne des places sur celui-ci non plus… ![]()
Bref, le train en Mongolie, c’est la loose
. La compagnie ferroviaire ne maîtrise rien et est à la merci des infos fournies par les Russes et les Chinois. D’ailleurs ces derniers en profitent-bien. Les informations faxées depuis Pékin indiquent très souvent que seules des places en première classe sont disponibles. Et comme par enchantement, une fois ces coûteux billets vendus, un nouveau fax indiquant des placements libres et 2e et 3e est envoyé… ![]()
Il est 11h30 lorsque nous parvenons dans le bâtiment spécial vendant les « billets internationaux ». Le bureau nous intéressant est le numéro 109. A l’intérieur, une femme est en train de lire son journal
. Visiblement on dérange…
Après avoir insisté, nous apprenons que le fax en provenance de Moscou et indiquant le nombre de places disponibles n’est pas encore arrivé. Par conséquent le Mongols ne vendent pas de billet ! Il nous faut revenir à 15h. ![]()
Nous décidons donc de retourner en centre-ville afin de visiter le Musée d’Histoire Naturelle, dont la collection de dinosaures fossilisés est mondialement réputée. Nous reviendront vers 14h histoire d’avoir de la marge. ![]()
Le musée est vraiment tout pourri
! Une énorme déception ! Nous étions venus pour les dinosaures, mais les salles exposant les fossiles sont fermées
. Restent à voir les animaux empaillés. La description qu’en fait le Lonely Planet est très juste : « on croirait visiter les collections d’un taxidermiste mort depuis dix ans […] les animaux semblent se demander ce qu’ils ont fait pour mériter un sort si pitoyable ». ![]()
Nous retournons donc à la gare, non sans nous être arrêté à la poste centrale histoire d’acheter quelques cartes postale. A Oulan-Bator, c’est le seul endroit à vendre des timbres et à posséder une boite aux lettres. ![]()
Voici venu le moment le plus épique de notre voyage : l’achat des billets pour la Chine !
Il n’est que 14h, mais nous ne sommes pas les premiers. Quelques Mongols et un occidental font déjà le pied de grue devant le bureau 109. Au bout de trente minutes, il commence à y avoir du monde. Tellement que le gardien nous fait déplacer dans une grande salle. Nous comprenons alors qu’il n’y aura pas de queue ni de respect de l’ordre d’arrivée : tout le monde va se « battre » pour obtenir son billet ! ![]()
15h, le bureau 109 n’ouvre toujours pas
. Aux aguets nous nous sommes répartis les tâches. Sindy surveille le bureau, tandis que je traine du coté des guichets où, d’après ce que je comprends, on donnera l’argent pour obtenir nos précieux sésames.
15h30, toujours rien ! Il commence vraiment à y avoir pas mal de monde, Mongols comme touristes. La tension est palpable, personne ne sachant combien il y aura de billets en vente.
15h45, je vais voir un type dans un autre bureau. Ce dernier m’informe que le 109 n’ouvrira pas. En effet le fax en provenance de Moscou est bien arrivé et… il n’y a pas du tout de place à vendre
! Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’annonce ?? Les gens finiront bien par partir d’eux même, me dit-il… Mon monde s’écroule
. Si nous ne partons pas demain, alors que nous devons être à Shanghai dans une semaine pour repartir vers Paris, comment allons-nous faire ?? Il va falloir faire une croix sur Pékin, ça c’est sûr
! Le type me propose alors un plan de secours permettant, via plusieurs bus, de rejoindre Pékin en 48 heures. Le prix proposé semble assez cher. C’est alors que je comprends qu’il va toucher une commission. Putain ! Il a inventé toute cette histoire de fax pour me vendre son bus de merde !! ![]()
Je repars furax. Et effectivement…
16h30. La femme du bureau 109 arrive enfin ! Elle se dirige directement vers les caisses et tout le monde se précipite pour la suivre. C’est la cohue ! Au terme d’une grande confusion Sindy parviendra finalement à se glisser devant l’unique guichet. Je lui lance mon passeport. Ouf ! Nous avons nos deux billets ! Sauvés
! Un couple d’Anglais un peu bobo demande s’ils ne pourraient pas voyager en première classe. Vu la situation c’est surréaliste
! Ils demandent finalement à payer en carte bleue Visa, mais bien sûr ici c’est impossible
… Ils sont donc obligés de céder leur place afin d’aller à une banque retirer de l’argent. Mais ils auront de la chance, car finalement il y aura suffisamment de place dans le train pour tout le monde.
Beaucoup de stress pour rien ! ![]()
Il est clair qu’Oulan-Bator ne nous laissera pas un très bon souvenir…
Il est temps de dire au revoir à Mejet, Bilegt ainsi qu’à leurs deux enfants et à la Mongolie.
Cette fois-ci, il n’y a quasiment que des occidentaux dans notre wagon. Je retrouve tous ceux qui étaient dans la même galère que nous hier pour obtenir des billets. Peut-être les Russes ou les Mongols ont-ils tout simplement ajouté un wagon au convoi ? Si c’est le cas, il aurait suffit de nous le dire pour ne pas nous laisser nous « battre » devant les caisses
! Mais la communication n’a pas été le point fort de la compagnie ferroviaire ce jour là… ![]()
Nous partageons notre cabine avec deux jeunes Australiens, Rachel et Andrew. Ils ont vécu quelques temps en Angleterre et rentrent maintenant au pays. Ils n’avaient pas le cœur à atterrir directement à Sidney, donc traverser le continent en train leur a semblé une bonne solution ! ![]()
Il est bien agréable de pouvoir converser avec eux en Anglais ! Jusqu’à présent nous avons eu la chance de croiser peu de touristes, mais il faut quand même avouer que tenir une conversation poussée en Russe ou avec des Mongols, relevait de la gageure. ![]()
Mais malgré tout la journée semble se dérouler très lentement. Je m’ennuie !
C’est donc avec une certaine excitation que je passe la frontière. Comme à Naouchki les formalités sont très longues, mais tout de même moins « oppressantes » que du coté Russe
. Il nous faut toutefois chercher une adresse au hasard dans le Guide du Routard pour satisfaire les douaniers Chinois qui tiennent absolument à savoir où l’on va dormir… ![]()
Quelque chose de très drôle : l’écartement des roues du train n’est pas le même en Mongolie et en Chine. Du coup il faut changer le jeu de roues sur chaque wagon ! ![]()
Après le passage de la frontière, notre convoi est donc acheminé dans un grand hangar, les wagons sont séparés, surélevés et les roues sont remplacées. Le tout sous le regard curieux des passagers… restés à l’intérieur du train ! ![]()